Vis mon sport

VIS MON SPORT, la web série pour changer de regard sur le handicap.

TENNIS DE TABLE FAUTEUIL

Jean-Philippe GATIEN

49 ans et originaire d’Alès, Jean-Philippe est le meilleur joueur de tennis de table français de tout les temps. Son palmarès : Vice-champion olympique et médaillé de bronze en double aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, champion du monde simple messieurs en 1993 à Göteborg, et 13 fois champion de France. En 2015, Jean-Philippe est nommé directeur des sports du comité de candidature Paris 2024.

Florian MERRIEN

33 ans et originaire de Normandie,Florian est un pongiste handisport français.  Il pratique le tennis de table en fauteuil depuis ses 10 ans, suite à un virus à la moelle épinière qui le handicape à l’âge de 18 mois. Il détient 7 médailles mondiales dont une d’or par équipe aux Jeux Paralympiques de Pékin en 2008, une de bronze par équipe aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012 et une de bronze en simple aux Jeux Paralympiques de Rio en 2016.

Interview

Les impressions à chaud de nos athlètes, juste après le tournage de « Vis mon sport » saison 4…
Jean-Philippe GATIEN et Florian MERRIEN répondent à nos questions

Il faut changer la perception sur le handicap en général et sur le statut des athlètes handi en particulier !

Florian, comment avez-vous trouvé Jean-Philippe Gatien ?

Plutôt bien ! On voit qu’il a du métier et du jeu derrière lui. Il a été un peu stressé au début je pense, il ne savait pas trop comment manier le fauteuil, et puis petit à petit il s’est pris au jeu et ça s’est plutôt bien passé à la fin c’était vraiment bien !

Habituellement, vous vous entraînez avec des valides ?

Oui, je m’entraine dans un club totalement valide, je fais mes entrainements à la semaine là-bas. Et puis j’ai quelques stages équipe de France pour bosser plus spécifiquement sur le jeu fauteuil, sur des stratégies de jeu un peu différentes des valides.

Qu’est ce qui change justement ? Et quelles sont vos impressions à chaud ?

Au niveau de la hauteur, les valides peuvent reculer par exemple, il y a des stratégies complètements différentes. Je suis super heureux d’avoir été pris sur ce tournage, il y a eu une complicité naturelle. Philou n’avait pas envie de perdre donc il m’a mis un peu à mal (rire). J’espère qu’on va pouvoir montrer que le tennis de table est un vrai sport et que les gens prendront du plaisir à regarder.

Et vous Jean-Philippe ? Réaction à chaud après avoir essayé le tennis fauteuil ?

Que du bonheur ! J’ai pris beaucoup de plaisir, je pense que ça s’est vu aussi, les visages étaient enjoués. Il y a quand même beaucoup de similitude, on s’adapte vite. Mais il y a aussi des grosses différences au niveau stratégique, des difficultés à anticiper les trajectoires et à garder nos repères habituelles de valide où on pense qu’on va y arriver mais on est finalement trop loin. J’ai appris beaucoup de choses. Une fois que le match est lancé, on retrouve vite ses réflexes de compétiteurs, d’appliquer quelques recettes qui fonctionnent en valide. C’était vraiment très instructif.

Vous vous connaissiez ?

Oui, j’ai suivi la carrière de Florian, je mesure ce que ces athlètes vivent au quotidien pour arriver à rester au plus haut niveau dans une compétition internationale féroce. J’ai beaucoup de respect pour eux. Si ce type de programme peut faire prendre conscience au gens que les athlètes handi sont des athlètes à part entière et consacrent 6h de leur temps à l’entraînement. On l’a vu au JO paralympiques, la fenêtre médiatique est de plus en plus forte et il faut surfer là-dessus pour réveiller les esprits. Je prends l’exemple de Florian qui a du mal à boucler son budget de saison et qui pour autant l’année des jeux représente fièrement notre pays. Il faut changer la perception sur le handicap en général et sur le statut des athlètes handi en particulier.